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La maladie en elle-même...
L'Ataxie de Friedreich
Définition
Maladie neurologique évolutive caractérisée par une dégénérescence spino-cérébelleuse (atteinte des voies allant du cerveau à la
moelle épinière). C'est une maladie héréditaire, transmissible selon un mode autosomique et récessif. Elle a été décrite par le
neurologue allemand Nicolas Friedreich en 1881.
Génétique
L'ataxie de Friedreich est une maladie à caractère récessif et non dominant. Les parents ne sont pas malades mais
porteurs du gène responsable. Celui-ci doit se trouver sur les deux chromosomes d'une même paire pour que la maladie
apparaisse. Pour qu'un enfant soit atteint de la maladie de Friedreich, ses parents doivent être tous deux porteurs du
gène de cette maladie.
Le mode de transmission est autosomique : le gène responsable se trouve sur un chromosome n'intervenant pas dans la
détermination du sexe. La maladie touche indifféremment l'homme ou la femme. L'anomalie est inscrite sur les gènes mais
n'est pas observée lors de l'examen au microscope. Le caryotype est normal et ne peut constituer un moyen de
dépistage. Seule l'analyse utilisant des méthodes de biologie moléculaire montre que le gène en cause est situé sur le bras
long du chromosome 9.
Le gène de l'ataxie de Friedreich a été enfin identifié. L'article décrivant la découverte est paru le vendredi 8 mars 1996
dans la revue "Science". Le gène est assez petit (environ 40kb, 5 exons) et code pour une protéine de 210 acides aminés,
baptisée frataxine et qui ne ressemble à aucune protéine de fonction connue.
Le gène étant identifié, le diagnostic de maladie de Friedreich pourra être fait avec certitude, en particulier dans les cas
difficiles.
La présence d'une mutation pratiquement unique permettra en tout cas de répondre à une interrogation fréquente de la
part des frères et soeurs des patients, concernant le risque d'avoir eux-mêmes un enfant atteint. Il sera possible de les
rassurer complètement, en testant le conjoint pour la présence improbable d'une expansion.
Les symptômes
Syndrome cérébelleux (atteinte du cervelet)
-démarche ébrieuse, en écartant les jambes
-parole difficile avec voix explosive et ralentie
-mains malhabiles
-incoordination des mouvements
Atteinte du faisceau pyramidal
-fatigabilité des membres inférieurs
Atteinte des cordons postérieurs de la moelle
-troubles de la sensibilité profonde
Atteinte des nerfs
-abolition de certains réflexes
Déformations
-pieds creux
-scoliose
Troubles cardiaques
-myocardiopathie obstructive :
atteinte du myocarde par mauvaise vascularisation. Les premiers signes sont ceux de l'angine de poitrine.
Diabète
-complication plus rare
L'évolution
Les symptômes débutent lors de la puberté (13-14 ans). Ils peuvent débuter beaucoup plus tôt, et depuis que
le gène a été identifié, nous avons découvert que les symptômes pouvaient apparaître bien plus tard, entre 20
et 30 ans.
Si les troubles de la marche et de l'équilibre comme les difficultés d'élocution sont visibles, les autres
symptômes décrits ci-dessus seront mis en évidence par un examen approfondi.
Les complications de la maladie peuvent être : cardiaques, osseuses, plus rarement un diabète.
Evolution progressive à début plus rapide, évoluant en général vers l'invalidité à 35-40 ans. Elle peut être
totalement différente d'un enfant à l'autre, d'un ataxique à l'autre.
Importance du diagnostic précoce dans la prise en charge précoce des symptômes.
La rééducation
Elle doit seulement être entreprise après un bilan neurologique, cardiaque et orthopédique.
Kinésithérapie
- Ce traitement consiste en une mobilisation (active ou passive) des membres, une rééducation de la colonne vertébrale et des troubles orthopédiques. Il faut
éviter toute rétraction, effectuer un travail moteur d'entretien et d'entretien respiratoire.
Trois volets sont à considérer :
1. Rééducation des membres inférieurs
2. Rééducation du tronc
3. Rééducation des membres supérieurs
On insistera sur le rôle des ergothérapeutes.
Pour tous renseignements sur l'ergothérapie, s'adresser au CNRH :
236 bis, rue de Tolbiac
75013 PARIS
Tél : 01 53 80 66 66
4. Rééducation de la parole et de la communication (rôle de l'orthophoniste).
Le tableau clinique nécessite donc les interventions kinésithérapiques, ergothérapiques et orthophoniques
multiples. C'est pourquoi des séjours en centre spécialisé semblent intéressants.
La rééducation doit donc être dosée et adaptée à chaque cas particulier. La personne doit être soignée globalement pour favoriser la vie la plus normale et la plus
harmonieuse possible, en tenant compte du contexte socio-familial, du handicap, de l'environnement.
Le traitement
Actuellement, malgré les efforts fournis au niveau de la recherche médicale et la collaboration internationale
des scientifiques, il n'y a aucun moyen de traiter réellement les patients. Mais "pas de traitement curatif" ne
signifie pas "ne rien faire". On insistera sur l'importance des traitements symptomatiques.
Eviter de prendre des antibiotiques et préférer les vaccinations
Eviter toute agression (infectieuse, médicamenteuse, psychologique...)
Combattre les contractures, éviter les escarres, la constipation, les infections urinaires... en
prescrivant des neurorelaxants (attention à la dépression respiratoire, des médicaments comme le
Dantrium (toxicité hépatique à forte dose), ou le Lioresal.
Taiter la scoliose (corset, étirements, chirurgie mais obérée par risques cardiaques...)
En permanence, kinésithérapie et orthophonie
Consultation neurologique tous les six mois recommandée
Faire le point entre le médecin traitant et le neurologue (traitements possibles à base de 5HTP,
Benzérazide ou vitamines, qui agiraient sur tous les troubles de l'ataxie des membres supérieurs, sur
les troubles de la voix.
* Attention aux antibiotiques
La recherche médicale
Un des buts essentiels de l'AFAF est de promouvoir et financer la recherche. Celle-ci peut se résumer ainsi :
Recherches biochimiques effectuées par les professeurs P. Trouillas et J.L. Mandel.
Recherches biochimiques effectué par le Dr. N. Bauman et le Professeur J.C. Turpin (28 cas atypiques
d'ataxie de Friedreich mises en évidence par l'équipe du Pr. Agid).
Recherches biochimiques réalisées par le professeur J.J. Hauw en collaboration avec les laboratoires du Dr.
Bauman et du Pr. Agid. Mise en évidence de déficits enzymatiques par microscopie électronique.
Etude épidémiologique réalisée par le Pr. Agid et le Dr. A. Seck.
Recherche génétique du Pr. J.L. Mandel. On a pu ainsi prouver que le gène responsable était inscrit sur le
chromosome 9. Le gène a été identifié en mars 1996.
Dans certains cas précis le diagnostic anténatal peut être envisagé et plusieurs équipes s'apprêtent à
organiser les premières ponctions amniotiques.
Caméra à positrons.
Recherche relative à la production de la parole.
Le point sur la recherche
Depuis l'identification, en Mars 1996, du gène de l'ataxie de Friedreich et de sa protéine, baptisée Frataxine, nos
chercheurs vont de découvertes en découvertes.
Les données récentes indiquent que la Frataxine est localisée dans de petites structures, appelées mitochondries.
Les chercheurs de notre équipe à Strasbourg, ont observé une accumulation de fer dans les mitochondries. Ces
résultats ont été obtenus à partir d'un organisme modèle, la levure, qui possède un gène homologue à celui de la
Frataxine.
Depuis, cette découverte a été confirmée, mais cette fois chez un patient atteint de l'ataxie de Friedreich. Reste
maintenant aux chercheurs de comprendre le mécanisme d'accumulation mitochondriale de fer et le rôle joué
par la Frataxine.
Ces travaux ouvrent le champ à la recherche de traitements permettant de réduire l'accumulation de fer et de
diminuer la toxicité qui en résulte pour la cellule.
Depuis Mai 1999, des essais thérapeutiques ont lieu sur 52 patients, cette étude, appelée étude Frida est entreprise par le professeur Munich, de l'hôpital Necker,
et par le docteur Durr, de la Pitié Salpétrière.
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